Alors, Dubai...? What about Dubai ?

Mis à jour : 21 janv 2019


Le temps passe vite ! Déjà 4 mois que je suis rentrée à Tahiti, après un an loin de nos îles polynésiennes et ce sentiment que mon départ, c'était hier à peine. Et puis cette question que l'on me pose souvent : "Alors, Dubai...?"

Dubai n'est pourtant pas le seul pays que j'ai découvert durant mon année sabbatique, mais il semble que partout, pas seulement à Tahiti, Dubai suscite un intérêt particulier et, accessoirement du rejet. Certainement pour les mêmes raisons : Dubai et ses projets pharaoniques, ses buildings défiant les lois de l'attraction terrestre ; Dubai et son dynamisme touristique, son développement vertigineux ; Dubai et son intérêt pour les nouvelles technologies, les projets innovants ; Dubai en construction perpétuelle...


A la mode de Dubai...

Dubai style...


"Et toi, t'étais comment?... " C'est l'autre question récurrente.

En définitive, la vraie question derrière c'est : "Et toi, tu le portais, le voile ? " C'est intéressant de constater que malgré le relai des médias, les témoignages de personnes ayant vécu là-bas ou de ceux ayant visité cet Emirat pour les vacances, les gens persistent à attendre la déclaration qui permettra de contredire l'idée selon laquelle Dubai est un pays tolérant ...

Et pourtant ! J'en suis bien revenue indemne. Comme tant d'autres, j'ai vécu quelques mois dans ce pays où en effet une portion de femmes, toujours impeccablement apprêtées, arborent quotidiennement l'abaya, longue tunique noire portée par dessus ses vêtements. Et ce sont les mêmes qui profitent pleinement des "ladies night" du jeudi soir : boissons gratuites et tarifs préférentiels sont proposés dans les établissements partenaires (principalement des bars et restaurants). Une de mes amies par exemple, bonne vivante, au mode vestimentaire "punk" veille en toute circonstance à porter le hidjab, le foulard qui cache les cheveux.


... Ou l'Islam occidentalisé

... Westernized Islam

Les hommes sont généralement vêtus du dish-dasha (ou qamis) - cette longue robe blanche souvent taillée sur-mesure pour les hommes d'affaire - la tête couverte du keffieh et fument des cigarettes à l'étiquette rouge. Oui : Dubai est le pays qui, plus que les autres émirats du Golfe persique, embrasse naturellement les coutumes de l'Occident ; un pays où les étrangères, comme moi, sont libres de vivre comme on vivrait à Tahiti ou bien d'y vivre comme y vit là-bas. En réalité, hormis à la plage, je ne me serait jamais mise en pareu. En revanche, j'avoue avoir souvent regardé à travers les vitrines ces mannequins portant des abayas à la coupe parfaite, surtout celles rehaussées de cristaux Swarovski. Mais c'était hors de prix... en tous cas pour moi. Ceci dit, on en trouve de somptueuses et très accessibles dans les souks de Bur Dubai. Faire du shopping là-bas, c'est un peu retourner dans le passé.




​Evidemment, quel que soit votre mode vestimentaire, il demeure des règles de comportement à respecter : on ne déambule pas dans les rues, sa bouteille de bière à la main, le pantalon défait ou bien le sein à l'air en criant à tue-tête que l'on est bon à marier. On ne fornique pas sur la plage aux yeux de tous parce que l'on trouve ça romantique ou sous prétexte que l'on aurait trop bu... D'ailleurs, à Dubai, on ne boit d'alcool que dans les restaurants et les hôtels habilités.




​Ce qui signifie que vous trouverez bon nombre d'établissements ne servant pas d'alcool. Voyons le bon côté des choses : vous avez le loisir de prendre l'apéritif dans un bar à la plage en regardant la Burj Al Arab, de manger sans alcool au pied de la Burj Khalifa, et de terminer par un digestif le long du Khor Dubai ou sur la Marina... Une occasion de varier les plaisirs.


Boire et conduire à Dubai...

Drink and drive in Dubai.

Pour consommer de l'alcool chez soi en toute légalité, il faut obtenir une licence, délivrée par son employeur à condition que votre dossier soit validé. Par définition, les employés des entreprises gérées directement par l'Emirat ne bénéficient d'aucune autorisation : exemplarité oblige. Voilà pourquoi nous étions souvent de sortie. ;)


Et puis il y a les chemins de traverse... Ou les "bons plans". Tout dépend de l'angle sous lequel on aborde la situation. Ainsi, à Dubai, vous entendrez parfois parler de "Barraccuda"... Barraccuda, c'est un liquor shop situé dans l'Emirat voisin Oumm al Qaïwaïn où la vente d'alcool est autorisée. C'est courant : beaucoup s'y rendent pour s'approvisionner et risquent une amende en passant la frontière de retour sur Dubai le coffre plein de spiritueux en tous genres. Je ne saurais dire si la surveillance au frontière est vraiment stricte.


Les contrôles routiers n'existent pas à Dubai : on ne vous arrête pas pour vérifier votre taux d'alcoolémie, ni lorsque vous faites un excès de vitesse, ni lorsque vous avez un comportement borderline au volant. Borderline, oui et c'est peu dire ! Ne vous étonnez pas des appels de phares fréquents sur l'autoroute : même si vous êtes à la limite de la vitesse maximale autorisée, le "chauffard" qui roule encore à 300 mètres derrière vous, vous fera comprendre que vous le gênez avant même de vous avoir rattrapé puis vous collera au train en attendant que vous dégagiez le passage.

Là vous aurez le choix :

1) Appuyer sur l'accélérateur et vous prendre une amende,

2) Dégager sur la voie de droite en attendant de vous faire ennuyer par un autre chauffard au comportement identique,

3) Faire un geste déplacé ( à vos risques et périls... )

4) Ou simplement ne pas broncher et continuer à votre rythme vous estimant dans votre droit... et vous faire grassement insulter. Nous n'avons pas mis trop longtemps avant d'adopter la 4ème solution ! :)


Le pompiste prend votre carte de crédit et votre code...

Let's give your visa digit code to the gas station attendant

Par contre, si vous provoquez un accident en état d'ébriété, vous risquez une énoOorme amende, rarement la prison. Nos voitures de location étaient équipées d'alarme indiquant une vitesse excessive et il semble que les dispositifs des voitures privées sont aisément désactivables ; à confirmer. Les radars sont nombreux à jalonner les autoroutes, alors pensez à consulter le site de RTA, the Road and Transport Authority, pour vérifier que vous êtes bien à jour des amendes à payer. Autrement, votre prestataire de location ponctionnera le montant de la "contravention" pour vous, une fois la voiture rendue.


Les dettes, et naturellement les comptes débiteurs, sont très peu tolérés à Dubai. Idem pour le péage : des détecteurs automatiques identifient votre voiture et ponctionnent votre compte SALIK (l'organisme gestionnaire) que vous veillerez à maintenir un solde créditeur, sous peine de vous voir immédiatement rappeler à l'ordre.

A Dubai, le laxisme ne semble pas avoir sa place dans les services bancaires ou assimilés. Tout est parfaitement rodé. Un des avantages d'avoir sa propre voiture, c'est que le coût du carburant est dérisoire : 4 à 5 fois moins cher qu'en Europe pour le plein. Alors à ce prix, on sillonne volontiers les déserts...à condition d'avoir un 4x4. Et puis il y a ce détail qui surprend les occidentaux : à Dubai, au moment de passer à la pompe, il est courant de donner sa carte et son code au pompiste qui se charge à votre place de procéder au paiement sur le TPE. Pas de panique, à Dubai, vous ne risquez pas de vous faire arnaquer... sauf à ce que le pompiste soit un faux pompiste... Oui j'ai une imagination débordante ! ;-).



Taxi et transports en communs réservés aux femmes, c'est au choix.

Women' transportation only... if you care.

J'ai très peu roulé à Dubai : pour me déplacer entre deux sites dans le désert et pour rentrer sur le centre de la ville, à 45 mn de skydive Dubai Desert Campus. La plupart du temps, je me déplaçais en Métro, en bus et en taxi. Ce dernier mode est très courant, un peu comme à New York. Il est également peu cher pour les distances parcourues au sein de l'Emirat. C'est en Taxi que nous sortions le soir, pour ne pas avoir à conduire après un repas bien arrosé.


Les taxis officiels fourmillent et sont aisément identifiables, beiges avec un toit coloré : bleu, jaune, orange, rouge... Et si vous en voyez des roses, nombreux aussi, ils sont exclusivement réservés aux femmes et parfois, aux hommes, à condition qu'ils soient accompagnés d'une femme. Cette attention particulière pour les femmes est aussi déclinée dans le métro : 2 wagons entiers sur 5 sont dédiés aux femmes et gare aux amendes messieurs si par inadvertance vous campez dans l'espace de la gente féminine. C'est ainsi que l'on assiste à des scènes un peu cocasses : des wagons féminins peu remplis et puis au bout, une simple démarcation au sol derrière laquelle on observe souvent un entassement d'hommes à l'étroit. C'est d'autant plus étonnant que les femmes ont le droit de rester dans le wagon mixte.





Des sites publics impeccables et exemplaires

Public sites, perfect sites...

Prendre le métro est plaisant à Dubai, pas seulement pour ces traitements de faveur pour la gente féminine mais surtout parcequ'il s'agit d'un métro aérien, parfaitement éclairé, très propre. A chaque station, vous verrez un préposé au nettoyage travaillant sans relâche ; les escaliers reluisent, le sol aussi, les allées sont éclairées de mille feux. Et la propreté des toilettes, gratuites, comme dans tous les endroits publics, est exemplaire ; c'est le mot d'ordre. J'aurais dormi par terre sans la moindre hésitation.

Aucune panne ne dure bien longtemps : les équipes de maintenance sont sur place illico. Je ne peux m'empêcher de penser que si à Tahiti nous envisageons de cibler une telle clientèle - les résidents dubaïotes ou des Emirats plus généralement - nous aurons tout intérêt à revoir au préalable notre niveau d'hygiène et la maintenance de nos espaces accueillant du public. J'ai vu de mes propres yeux une préposée en abaya, donc passant inaperçue, réprimander sans concession les tenanciers d'un restaurant dont le cuisinier venait de manipuler un aliment à main nu. Le rapport a été immédiat. Et j'ai bien vu que ce rappel à l'ordre avait bien ébranlé la tranquillité des restaurateurs.


Des formalités pour y travailler.

Paperwok for a job.

Etranger, pour travailler à Dubai, vous aurez à passer préalablement des formalités médicales et administratives. Les tests sanguins vérifient notamment que vous n'êtes pas porteur d'une maladie transmissible. Un test positif au VIH et vous êtes renvoyé immédiatement. Vous passez également des radios et vous rencontrez un médecin qui confirmera votre aptitude à travailler. D'autre part, vous devrez valider votre identité auprès d'un organisme assermenté sur présentation du passeport, d'une photo prise par l'opérateur, la prise d'empreintes des deux mains et l'enregistrement de votre signature sous format électronique : c'est le ticket d'entrée à l'obtention de votre carte d'identité et de résident. Avec un statut VIP attribué par votre employeur, les formalités seront réalisées en moins de 2h chrono et le sésame, délivré généralement 15 jours après au plus tard. Il vous permettra alors d'ouvrir un compte bancaire, souvent la banque nationale Emirates NBD. Dès lors, vous aurez affaires à des commerciaux "agressifs" : là-bas, les cartes bancaires et leurs produits dérivés se vendent en porte à porte. C'est vous dire !

Dubai la ville, c'est devenue une "grande ville", pas si grande au final, à mi-chemin entre Vegas et Manhattan si je dois me référer à des lieux que j'ai visités. Il parait pourtant que Dubai envisageait de calquer son développement et surtout sa physionomie à Singapour. Promis, si je me rends dans ce pays, je vous en rapporterai des clichés. En attendant, bon voyage à Dubai.


Se déplacer à Dubai.

#tourisme #Dubai #shopping